Ces start-ups qui aiguisent l’appétit des investisseurs

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Innovation · Les lauréats du concours «Venture 2018» sont actifs dans les techniques
médicales
Par Nicolas Pinguely
L’équipe de EBA-Med est active dans les faisceaux de protons. Image: STUDIO PHILIPP
KLEMM
Artiria et EBA-Med: deux noms de start-ups dont il faudra se souvenir. Les lauréats du
prix «Venture 2018», qui viennent d’être dévoilés à l’Ecole polytechnique fédérale de
Lausanne (EPFL), vont se retrouver sur les radars des investisseurs. Cela s’explique
aisément. «Les jeunes entrepreneurs à l’origine des idées d’entreprises et projets de
développement permettent d’envisager l’avenir avec confiance. Ils inventent par
exemple de nouvelles méthodes thérapeutiques pour soigner des malades ou résolvent
des problèmes de gaspillage de nourriture ou de nouvelles applications pour les drones
volants», relève Thomas Knecht, ancien directeur de Mc Kinsey Company Suisse et
fondateur du concours. Logiquement, les produits et recherches de ces deux jeunes
pousses devraient aiguiser les appétits:
Artiria (EPFL): «La jeune pousse a développé un appareil médical assistant les
chirurgiens neuroendovasculaires lors du traitement des patients victimes d’un accident
vasculaire cérébral (AVC). Le système permet aux chirurgiens de naviguer rapidement et
sûrement dans les artères cérébrales grâce à un micro-robot. Cet appareil améliore
considérablement les résultats lors des interventions dans le cadre d’un AVC.»
EBA-Med (EPFL): «300'000 patients en Europe sont traités chaque année par des
procédés opératoires manuels en raison d’une arythmie cardiaque. Pour les patients,
ces traitements sont pesants, complexes et longs. La solution non invasive proposée à
base de faisceaux de protons permet de réaliser le même traitement en une seule
séance et fait économiser aux hôpitaux les quatre cinquièmes du temps et les deux tiers
des coûts.»
Plusieurs start-ups primées ces vingt dernières années ont attiré le regard de groupes
bien établis. Covagen, spécialisée dans le développement de protéines thérapeutiques, a
été reprise en 2014 par Johnson Johnson. La transaction aurait atteint 200 millions de
francs. En 2013, Molecular Partners a conclu un accord de collaboration à hauteur de 1
milliard avec Roche pour le développement de thérapies contre le cancer. Il existe
d’autres exemples encore. Intéressant, donc.
Le prix «venture 2018» est par ailleurs doté d’une enveloppe de 170'000 francs. «Depuis
20 ans, nous améliorons sensiblement les chances de réussite de jeunes entrepreneurs
en leur offrant des connaissances, un coaching, et la possibilité d’élargir leur réseau»,ajoute encore Thomas Knecht. L’origine des participants est la preuve de la vivacité du
secteur de la jeune entreprise en Suisse: 50% proviennent des universités, 34% des
écoles polytechniques fédérales et 9% des écoles spécialisées, le solde étant constitué
de personnes hors milieu académique. Les équipes sont très internationales.
Dans le détail, 109 idées d’entreprises et 83 projets de développement ont été déposés
dans le cadre du concours. Cela a représenté 192 équipes au sein desquelles 372
personnes se sont activées. Les domaines couverts sont très variés: techniques
médicales, biotechnologie, pharmacologie, matériel informatique, technologie
alimentaire. Le concours est organisé par l’Ecole polytechnique fédérale de Zurich
(EPFZ), l’EPFL, Mc Kinsey Suisse et la Commission pour la technologie et l’innovation de
la Confédération.
À côté des deux principaux lauréats, d’autres jeunes pousses ont tapé dans l’oeil de jury
(et du public):
SwissProsthetics (ZHAW, Université des sciences appliquées, Zurich): «La jeune pousse
propose une prothèse économique, modulable et robuste, pour les enfants et les
adultes ayant perdu des membres supérieurs. Conçues pour être faciles à utiliser, les
prothèses améliorent l’intégration sociale des utilisateurs ainsi que leur qualité de vie
en leur permettant de participer à des activités de loisirs (p. ex. du vélo). Le projet
profite des expériences d’un père et de sa fille, qui est née sans main gauche.» Gagnant
du prix du public.
AgroSustain (Université de Lausanne, Agroscope): «La firme développe des traitements
biologiques efficaces pour prolonger la durée de conservation des légumes et des fruits
infectés par des souches de champignons. Grâce à cet allongement de la durée de
conservation, ces produits permettent de réduire les déchets alimentaires et la
consommation de plastique pour les emballages.»
Araris (Institut Paul Scherrer): «Cette équipe développe des conjugués anticorpsmédicaments
(ADC) pour les thérapies ciblées contre le cancer. La génération d’ADC
avec les méthodes actuelles est complexe et coûteuse. De plus, les ADC présentent
souvent une stabilité limitée et une efficacité suboptimale. Ici, on cherche à transformer
chaque anticorps natif en ADC avec des propriétés optimales sans l’ingénierie
habituellement nécessaire.»
INVOLI (EPFL): «Assurant une intégration sûre des drones dans le trafic aérien, ses
solutions permettent d’éviter les collisions avec les avions et d’exploiter de nouvelles
applications (livraison par des drones, drones-taxis). Le système met à disposition des
drones les données actuellement manquantes du trafic des vols à basse altitude en
garantissant ainsi un espace aérien sûr utilisable collectivement.» Nanoleq (EPFZ): «Spinoff
de l’EPFZ, cette jeune entreprise développe des câbles incassables, extensibles et
pliables pour les applications de techniques médicales, de robotique et de l’électronique
de divertissement.»
EmbryoSpin (EPFL): «Première entreprise de hardware high-tech qui va proposer des
instruments de résonance magnétique pour l’analyse d’embryons humains. L’objectif àlong terme de l’équipe du projet est de commercialiser un appareil pour évaluer la
santé et la viabilité d’embryons fécondés in vitro.»
Microcaps (EPFZ): «La start-up a développé une méthode polyvalente pour la fabrication
de microcapsules avec un contrôle précis des dimensions. Ainsi, les clients peuvent
entièrement contrôler le comportement de telles capsules, utilisées par les secteurs
pharmaceutique, des cosmétiques ou encore de l’agrochimie.»
Rapid Graft (EPFZ): «Les plaies ou les défauts de la peau peuvent entraîner des
conséquences physiques et psychiques graves sur le patient. Souvent, ces plaies
nécessitent une greffe cutanée. La start-up développe un outil à l’aide duquel il est
possible d’effectuer les greffes cutanées de manière bien plus simple et rapide qu’avec
les techniques habituelles.» (24 heures)